D’où vient une odeur d’égout dans une maison
Les canalisations d’évacuation contiennent de l’air chargé des gaz produits par la décomposition des eaux usées, avec leur odeur d’œuf pourri. Trois dispositifs empêchent cet air d’entrer dans les pièces.
Le siphon de chaque appareil garde un peu d’eau dans un coude : cette garde d’eau fait bouchon pour l’air. La ventilation, un tuyau prolongé jusqu’au toit ou un clapet aérateur, évacue les gaz et équilibre la pression quand l’eau s’écoule. Les joints assurent l’étanchéité entre les tuyaux et les appareils. Une odeur d’égout signifie que l’un des trois ne joue plus son rôle.
Les causes à vérifier, de la plus simple à la plus lourde
| Cause | Ce que vous remarquez | Ce qu’il faut faire |
|---|---|---|
| Siphon sec | Odeur près d’une douche d’appoint, d’un lavabo de chambre d’amis, d’un siphon de sol de cave | Faire couler l’eau une minute, puis chaque semaine |
| Siphon ou bonde encrassé | Odeur au-dessus de l’évier, du lavabo ou de la douche | Démonter et nettoyer le siphon |
| Cloche de douche absente | Odeur dès que la grille est posée sans la pièce du dessous | Remettre la cloche |
| Trop-plein encrassé | Odeur au lavabo ou à la baignoire alors que le siphon est propre | Goupillon et eau chaude du robinet dans le trop-plein |
| Siphon vidé par aspiration | Gargouillis quand un WC ou une baignoire se vide, odeur juste après | Faire contrôler la ventilation ou le clapet aérateur |
| Joint de WC abîmé | Odeur au pied de la cuvette, parfois une trace humide | Remplacer le joint ou la pipe de raccordement |
| Évacuation du lave-linge sans siphon | Odeur derrière la machine | Raccorder le tuyau sur une évacuation siphonnée |
| Canalisation fissurée ou joint déboîté | Odeur en cave, contre un mur ou une dalle, loin de tout siphon | Passage caméra |
Le siphon sec est la cause la plus simple à vérifier : la garde d’eau d’un appareil qui ne sert pas peut s’évaporer en quelques semaines. Commencez toujours par là.
Odeur d’égout dans la salle de bain
La salle de bain concentre plusieurs points faibles. La douche d’abord : si la cloche placée sous la grille n’a pas été remise après un nettoyage, la bonde n’a plus de garde d’eau. Le lavabo ensuite : son trop-plein, le petit orifice sous le rebord, se couvre d’un dépôt de savon et de bactéries qui sent mauvais même quand le siphon est propre. Le WC enfin : un joint de pipe desséché ou mal posé laisse passer l’air du réseau au pied de la cuvette.
Faites les vérifications dans cet ordre, puis attendez un jour ou deux. Si l’odeur revient au même endroit, notez à quel moment : après une chasse d’eau, pendant une douche, par temps de pluie. Ce détail oriente le diagnostic. Pour une douche qui en plus s’écoule mal, suivez notre guide pour déboucher une douche.
Odeur d’égout dans la maison quand il pleut
Dans les secteurs où les eaux de pluie et les eaux usées partagent la même canalisation, un gros orage remplit rapidement le réseau. L’air qu’il contient est poussé vers les points faibles des maisons raccordées : siphon peu rempli, tampon de regard mal fermé en cave, ventilation défaillante. Le vent qui accompagne la pluie peut aussi rabattre l’air de la sortie de ventilation en toiture vers une fenêtre de toit ou une terrasse.
Une descente de gouttière raccordée directement au réseau, sans siphon ni regard, peut également laisser sortir l’odeur au pied de la façade. Vérifiez que les siphons de sol de la cave sont remplis, que les tampons sont bien en place, et notez si l’odeur apparaît seulement par vent fort. Notre guide sur les gouttières bouchées détaille les descentes d’eaux pluviales.
Une maison non raccordée au réseau, équipée d’une fosse, a ses propres causes d’odeur, expliquées dans notre guide sur l’odeur de fosse septique.
Ce qu’il ne faut jamais faire contre une odeur de canalisation
- Masquer l’odeur à l’eau de Javel versée chaque jour : elle ne règle pas la cause et peut abîmer les joints.
- Mélanger l’eau de Javel avec du vinaigre, un anticalcaire ou un produit ammoniaqué : ces mélanges dégagent des gaz toxiques.
- Boucher la sortie de ventilation ou un clapet aérateur pour arrêter l’odeur : les siphons risquent alors de se vider à chaque vidange et l’odeur empire.
- Verser de la soude, de l’acide ou de l’eau bouillante pour « nettoyer » les tuyaux : ces produits abîment les joints, et l’eau bouillante déforme le PVC.
- Descendre dans un regard ou une fosse, ou y passer la tête : les gaz d’égout s’y concentrent.
Une odeur qui ressemble à du gaz de ville demande un autre réflexe : n’actionnez aucun interrupteur, aérez, sortez et appelez le numéro d’urgence gaz indiqué sur votre facture, ou le 112.
Quand appeler un professionnel
Faites intervenir un professionnel si l’odeur persiste après avoir rempli et nettoyé tous les siphons, si elle se sent dans une cave, un mur ou une pièce sans point d’eau, si elle s’accompagne d’une trace d’humidité ou d’un écoulement lent, ou si plusieurs logements d’un immeuble sont concernés. Dans ce dernier cas, la colonne ou sa ventilation est probablement en cause et le syndic doit être prévenu.
Ce que fait le professionnel
Le professionnel contrôle les siphons et les raccordements, débouche ou cure la canalisation si un dépôt fermente, puis passe une caméra dans le réseau pour trouver une fissure, un joint déboîté ou un raccordement défectueux. La caméra montre l’intérieur des canalisations : un défaut de ventilation en toiture se cherche aussi par d’autres contrôles.
Pour une odeur, le coût dépend surtout de la longueur de réseau à filmer, du nombre d’accès à ouvrir et du besoin d’un rapport écrit, par exemple pour un syndic ou un propriétaire. Notez avant l’appel où et quand l’odeur apparaît (après la pluie, le matin, en tirant la chasse) : cela oriente le contrôle et nous permet de vous annoncer le montant avant de partir. Une intervention la nuit, le week-end ou un jour férié est majorée. Nous intervenons 24 h/24 et 7 j/7 à Strasbourg, dans le Bas-Rhin et jusqu’à Colmar. Le détail est sur notre page inspection caméra des canalisations, et si un bouchon est en cause, sur la page débouchage de canalisation.
